Bon, on est bien d'accord ? Si on demande comment vous avez fait ce tarama végan au tofu fumé, vous pouvez bien sûr livrer les ingrédients, dans le désordre et en cafouillant, genre c'est pas facile à retenir, il y en a tellement, en ajoutant des petits détails très techniques (le yaourt végétal a dû s'égoutter pendant une journée dans une étamine, avant d'être réservé au frais, autour de dix degrés, pendant trois jours... pareil pour le concentré de tomate), sans oublier que les algues de la recette, vous êtes allé.e les chercher sur la côte, en Bretagne et à la pleine lune, avant de les faire sécher sur votre rebord de fenêtre (oui, celle qui est orientée plein sud, ça a vraiment schlingué pendant plusieurs semaines). Mentionnez bien sûr l'étape du fumage du tofu, mais de manière un peu fumeuse, justement, vous avez d'ailleurs toujours les yeux qui piquent. Pour la crème de soja, l'huile, le jus de citron et le sel, n'en rajoutez pas, les invité.es à votre repas de Noël ou du Nouvel An l'ont bien compris : votre recette végane de tarama au tofu fumé, c'est non merci, beaucoup trop compliquée, mais quel courage vous avez eu... Et c'est tellement bon !
Sauf que cette recette signée Marie Laforêt (« koa, vous ne la connaissez pas ? Naaaan... ») vous a pris environ dix minutes, vaisselle comprise, le temps de mixer le tofu fumé avec les algues séchées, le yaourt et la crème de soja, puis d'ajouter l'huile neutre ou d'olive, le jus de citron, le sel et le concentré de tomate (pour la couleur et la touche sucrée, profonde) avant de réserver votre tartinade végane façon tarama au réfrigérateur. Et pour les blinis maison garantis sans produits d'origine animale (« mais oui, koa, les P.O.A. et tout ça... »), là, vous avez vraiment galéré, imaginez un peu : il faut que la pâte repose trois semaines...